Bye toute

De Pie-IX  jusqu’à Sauvé, c’est la toute dernière fois que je fais ce trajet là ce matin. Un mélange de nostalgie, de calme et de bonheur m’habite. L’habitude, ça nous rattrape assez vite. 4 mois à faire des aller-retour Ahuntsic-Hochelaga tout en sachant depuis un mois, qu’aujourd’hui c’est la fin. On le sait pis on lit juste ça dans nos regards qu’on a aucune criss d’idée comment gérer ces derniers instants. Ça fait à peine deux heures qu’on s’est laissé pis je ne réalise pas encore. Je ne réalise pas encore qu’on ne se reverra pas la semaine prochaine. Je ne réalise pas encore qu’on ne cochera pu rien ensemble sur ma bucket list. Je ne réalise pas encore que c’était vraiment le dernier matin pour vrai de vrai.

On prépare cette fin-là depuis un mois déjà, mais j’ai quand même l’impression que c’est seulement hier qu’on se disait que la fin arriverait le jour de mon départ. Je me considère plus qu’habituée aux histoires qui se terminent dû à un départ pour un autre coin de pays, mais il y en aura toujours des plus spéciales que d’autres. Le sentiment de calme intérieur que je ressens quand je repense aux derniers mois, je crois bien que je vais le chercher encore longtemps. C’est peut-être juste dû au hasard qu’il est arrivé au moment où je reprenais ma vie en contrôle que je lui associe toute cette paix, mais j’aime quand même me dire qu’il a beaucoup apporté dans les derniers mois.

De chez lui à la station Rosemont, on ne se lâche presque pas d’un pouce. On se regarde, on se touche, on se sourit. Quand, pourtant, on est loin de se démontrer autant d’affection en public habituellement. Je me sens comme si j’avais manqué de temps. Comme si je n’avais pas assez profité des derniers mois. Il ne nous reste pas plus de 20 minutes ensemble et j’ai une envie folle qui m’habite de juste vouloir toute prendre ce que je peux de lui. Comme si j’avais peur d’oublier ce que ses lèvres goûtent, d’oublier son odeur, d’oublier ce que ça fait d’avoir sa main dans la mienne. Pour une raison que j’ignore, j’ai peur de juste toute oublier. Je m’agrippe à ce sentiment de calme que je ressens quand je suis près de lui. C’est surtout ça que j’ai peur de perdre, je pense. Je m’accroche à la beauté de ces derniers instants. C’est malaisant, bizarre et pas totalement confortable comme situation de savoir que dans quelques stations on se dira au revoir. Mais quand je repense à tout ce qui nous a amené à ce matin, c’est juste du beau. Pis malgré tous les malaises, d’être là, à côté de lui dans le métro pour une dernière fois, ça a de quoi de beau en soit.

Même si je sais que ce ne sera plus jamais comme avant quand je reviendrai à Montréal pis que c’est dû pour arriver comme ça, je ne veux pas oublier. Peut-être parce que justement j’espère ben fort que, de son côté, c’est un peu la même chose. Parce que sans pour autant parler de relation romantique, j’aime simplement m’imaginer qu’il pensera à moi quand il verra le chiffre 3 quelque part ou quand il tombera sur un des petits bateaux en origami que j’ai glissé un peu partout dans ses poches à chacune de nos sorties.

C’est peut-être juste mon désir trop grand de ne jamais vouloir être oublié qui me pousse à écrire tout ça, mais cet égoïsme de ma part n’enlève en rien aux souvenirs qui resteront. Bye toute, mais je n’oublie rien quand même.

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