Les stations de métro 2.0

Sauvé – Pie-IX, Pie-IX – Sauvé. Ligne orange, ligne verte. Je l’ai refait assez souvent dans les dernières semaines ce chemin-là. Pis à chaque fois, ça me rappel toutes sortes de souvenirs que j’avais associés à certaines stations. J’ai remarqué que dans la vie on a souvent tendance à associer des objets et des endroits à des gens et à des événements en particulier. Pour ma part, c’est étrangement souvent les stations de métro.

Maintenant que j’habite à Montréal, j’associe de plus en plus certains souvenirs à quelques stations sur la ligne orange également, mais pour une raison qui m’échappe, c’est toujours sur la ligne verte, quelque part dans le coin d’Hochelaga, que je me retrouve à mémoriser des nouveaux noms pis des nouveaux visages pour chacune des stations.

Ce matin, je refais le trajet à l’envers pour la première fois. Station Pie-IX. C’est presque ironique comme situation. Un peu comme si je laissais traîner mes derniers souvenirs créés à cette station dans un petit coin du métro. Je me sens soudainement tellement plus légère. Heureusement, car les nouveaux souvenirs, eux, prennent déjà beaucoup trop de place et semblent vouloir se multiplier assez rapidement. Le changement, mais surtout, le calme.

Joliette. Un petit sourire en coin, je cherche une paire de yeux bleus brillants au travers des passagers qui montent, même si je sais à quel point les chances sont minces que je les recroise. L’été, la chaleur, ton sourire, les festivals, vivre à cent milles à l’heure. Tout ça me manque chaque fois que je passe ici. Le bonheur dans toute sa simplicité.

Préfontaine. J’aime bien descendre ici quand le temps me le permet. Parce que, oui, étant adultes, on manque tous de temps, mais y’a de ces amitiés qui persistent, malgré tout, au travers des années et je chérie ces gens plus que tout. La complicité d’une amitié d’enfance.

Frontenac. L’appart de la joie. Des soirées sans lendemain. Une porte toujours ouverte. Je me sentais comme chez moi. Il y a de ces amis qu’on laisse un peu derrière à certains moments de notre vie, car on ne peut malheureusement pas sauver toutes les âmes en peine de ce monde. Parfois on s’ennuie d’eux et on ne sait pas trop comment reprendre contact. La nostalgie.

Papineau. Été 2014. On est sortie à la course en coup de tête pour attraper la fin des feux d’artifices. J’ai dit « je t’aime » pour la première fois de ma vie, ailleurs que dans mes textes. Comme ça me paraît étrange d’associer mon premier « je t’aime » à une station de métro. J’ai souris. C’était réciproque. L’amour.

Beaudry. Des soirées de filles un peu trop saoules. Ma première fois dans un club. Danser comme si le soleil n’allait jamais se lever. Il me semble que j’ai plutôt vieilli. Un peu de sagesse.

« Prochaine station Berri-UQAM… » Le vent du métro me pogne dans les cheveux. Je me regarde dans la vitre du wagon et je me demande si ça se voit que je me sens comme si c’était le monde à l’envers ce matin. Ça me fait tout drôle de me repasser tous ces souvenirs-là encore à moitié réveillée.

J’en oublie presque que je ne fais pas le trajet toute seule ce matin. Comme je suis bien contente de l’avoir à côté de moi en ce moment. Je croise ses yeux au même moment que je me dis ça, on s’échange un petit sourire et, tout d’un coup, j’ai comme le feeling que ce ne sera pas le dernier matin comme ça.

Pour lire la version originale de Les stations de métro, c’est ici.

 

 

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